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Lundi 13 novembre 1 13 /11 /Nov 17:14

 

LE PRIVILEGE D'UNE RENCONTRE

Simbad Detari, notre nouvel ami, est albanais, journaliste et écrivain, réfugié politique en France depuis huit ans. C’est grâce à une lettre écrite l’an dernier (en italien) à Salvatore que nous avons pu faire sa connaissance. Cette lettre, traduite en français par Simbad lui-même, vous allez pouvoir la lire, découvrir son histoire et comprendre à quel point Salvatore a pu être ému en la lisant. Le hasard faisant souvent bien les choses, Simbad a pu rencontrer Salvatore lors du gala de Saint - Loubès. Ensemble, ils ont pu bavarder, en italien, et Simbad a profité de l’occasion pour interviewer Salvatore et faire paraître un article en Albanie. Simbad a également eu la gentillesse de traduire en français, tout spécialement pour nous, cet article.

( Par le revue du 'Cercle International des amis de Salvatore Adamo' - N° 78 )


 
                                            Cher Ami Adamo,

Je t’écris en italien car c’est plus facile pour moi que d’écrire en français. Permets-moi également de te dire "Tu", non par manque d’éducation, mais parce que je te considère comme faisant partie de mes souvenirs, comme un vieil ami. Au moment où je t’écris ces mots, j’écoute une cassette audio de tes plus grands succès. Je savoure la douceur de ta voix et cela me transporte des années en arrière, dans mes souvenirs, quand j’étais jeune ...

C’était en 1968. Imagine-toi seulement quelques instants, un jeune albanais, étudiant en lettres à Tirana, capitale d’Albanie, en compagnie de sa petite amie, assis sur un banc, dans un parc et autour d’eux, la neige qui tombe ... partout. C’était un soir de décembre. Nous étions heureux, perdus dans un autre monde, en écoutant dans un transistor, ta très jolie chanson "Tombe la neige". Ta voix était superbe et nous faisait ressentir de beaux sentiments. Elle nous apportait la lumière d’une merveilleuse poésie ...

Chaque vendredi, après les cours, avec mon amie, nous nous retrouvions a midi pile, près du poste de radio, pour écouter une émission diffusée sur la radio italienne qui s’appelait "Hit Parade". C’était l’époque des grands chanteurs italiens comme Mina, Celentano, Morandi, Battisti, Vanoni et les fameux groupes comme Dik - Dik, Equipe ‘84, Pooh, etc. Et c’était aussi (parmi les premiers classements des chansons choisies par le public) Adamo, l’idole de notre jeunesse, le "roi" des chansons d’amour ...
 
Par contre, c’était aussi l’époque des années très dures, non seulement pour moi mais pour toute la jeunesse albanaise. Une jeunesse qui vivait dans l’oppression et la peur de la dictature stalinienne (qui interdisait - entre autres - d’écouter des chansons étrangères sous prétexte qu’elles étaient dangereuses pour la morale communiste et qu’elles étaient " l’expression de l’idéologie bourgeoise de l’occident"). C’était les années où nous écoutions dans la clandestinité le Festival de Sanremo. C’était les années où de jeunes de Tirana ont été condamné à cinq ans de prison... Leur "crime" : Avoir écouté des chansons des Beatles ...

Salvatore Adamo, le sympathique italo-belge, était le chanteur élu par mon coeur, le meilleur parmi tous, le chanteur de mes souffrances, l’inspirateur de mes premières poésies dédiées à une jolie jeune fille qui s’appelait « Nirvana ». La voix d’Adamo exprimait mes sentiments, la peine d’une vie dans une société où même l’amour était considéré comme un tabou. A cette époque, il était même impossible de seulement rêver écrire à un étranger. C’était strictement interdit d’écrire. Chaque communication avec l’étranger était très dangereuse. L’Albanie, inspirée par la "Révolution culturelle" chinoise, était totalement isolée du reste du monde.

Plusieurs années plus tard, vers 1992 quand le "Mur de Berlin» est tombé, j’ai rencontré par hasard à Tirana un citoyen belge (qui se trouvait pour affaires dans mon pays). J’ai fait la connaissance de cet homme très gentil et lorsqu’il est reparti dans son pays, j’ai osé lui demander une seule chose : une cassette audio de chansons d’Adamo. Cet ami belge était très gentil et un mois plus tard, j’ai reçu un petit paquet contenant une cassette audio et l’enregistrement d’une émission musicale belge à laquelle participait mon chanteur préféré Adamo. On ne peut pas imaginer à quel point ma joie, mon bonheur, était grand ! Pour la première fois, je pouvais écouter librement la voix de ce chanteur élu par mon coeur qui s’appelait Salvatore Adamo ...

Sais-tu, cher ami Salvatore, combien était tragique le destin de mon pays ? Surtout après les années ‘90 – ‘91. Anarchie, chaos, conflits politiques, pauvreté et enfin la guerre au Kosovo, le génocide effectué par le régime de Milloshevitch, contre toute une population sans défense. C’était catastrophique ! En Albanie, j’ai travaillé comme journaliste pour la télévision d’Etat. Plus tard, j’ai créé une chaîne privée pour défendre la liberté d’opinion, la liberté d’expression, les droits de l’homme. En raison de cette activité, j’ai été obligé d’affronter les menaces de la police politique. J’ai été condamné à mort. Ainsi, j’ai été obligé de fuir mon pays (un livre où je raconte cette histoire vient de paraître).

Actuellement, je vis en France avec ma famille. La vie en exil est dure. Tu te retrouves déraciné, loin de ton pays, loin de tes racines, loin de tes souvenirs (des souvenirs qui sont aussi ceux de la voix d’Adamo). Je suis sûr que toi, Salvatore, surtout toi, tu me comprends car tes parents, il y a des années et des années, ont eu le même destin. Ils étaient des émigrées et ils ont ressenti la même douleur, le même chagrin.

Aujourd’hui, je m’empresse de t’écrire cette lettre, mais a cette époque là, c’était une folie. C’était un rêve absurde de penser écrire à Adamo. Le bonheur absolu, c’était quand quelqu’un trouvait une photo de toi, découpée dans un journal qui était entré illégalement en Albanie. Ecrire à Adamo ? Oui, c’était un "suicide" car la police politique contrôlait tout ! ... Et après, tu attendais la prison ! C’est une lettre que j’aurais dû t’écrire trente ans plus tôt. Je sais, c’est une lettre qui arrive trop tard. Une lettre manquée... mais "mieux vaut tard que jamais"... Maintenant, dans mon coeur et dans mon âme, je suis tranquille : j’ai enfin pu écrire cette lettre à Adamo, cette lettre que je rêvais d’écrire il y a trente ans ! Mon rêve est réalisé... le rêve de ma pauvre jeunesse ...

Pour terminer cette modeste lettre qui arrivera chez toi parmi des centaines et centaines d’autres courriers envoyés par tes "fans" du monde entier, n’oublie pas, s’il te plaît, qu’il y a aussi un ami Albanais qui malheureusement fait partie d’une génération spirituellement déjà morte, déjà très fatiguée de rêver à un autre monde et qui, maintenant, ne croit plus et ne ressent plus rien ...

Je suis conscient que tous ceux qui t’écrivent doivent te demander quelque chose comme un souvenir, une photo avec ta dédicace, un disque avec ta signature, etc. Permets-moi de te faire la même demande... Et pourtant, il y a une différence: ma demande, je la formule non pas pour moi seul mais au nom de toute une génération, au nom de toute la jeunesse albanaise des années ‘60 –‘70. Permets-moi, cher Salvatore, de t’envoyer mes salutations les plus sincères et les plus amicales, pour toi et toute ta chère famille, en te souhaitant de tout coeur une route toujours plus longue dans ta carrière accompagnée de beaucoup d’autres grands succès!
                                         Fraternellement ton ami !

                                            Simbad Detari 
                                                 (8 septembre 1999)

                Simbad dans une interview avec Salvatore Adamo

Avec 85 millions de disques vendus en 40 ans de carrière, Salvatore Adamo est très connu dans plusieurs pays du monde entier. Fils d’une modeste famille sicilienne, émigrée en Belgique, Salvatore Adamo a débuté pour la première fois en 1963 mais ce n’est qu’un an plus tard que le véritable triomphe arriva avec la chanson "Tombe la neige". Cette "big" chanson, notamment au Japon, a dépassé tous les records dans le classement des disques les plus vendus, restant 72 semaines en tête des hit- parades. Elle y est chantée dans puis de 500 versions. Avec une longue série de chansons à grand succès comme "Les filles du bord de mer", "C’est ma vie", "Une mèche de cheveux», "Inchallah", etc. Salvatore Adamo a chanté l’amour, les bons sentiments, l’amitié mais aussi des sujets actuels sur la société. En tant qu’Ambassadeur de l’Unicef en avril 1999, Salvatore Adamo s’est rendu auprès des enfants du Kosovo, dans le camp de Kukes. Cet événement lui a inspiré l’écriture d’une chanson "Sale comme la guerre". Observateur attentif et inlassable de son époque, Adamo, dans son dernier album "Regards", lance un regard critique sur les situations actuelles du monde, en ce début de XXI ème siècle. Les thèmes de cet album sont l’expression de son inquiétude sur les drames qui se passent sur notre planète : les guerres, les conflits ethniques, l’immigration, la misère, l’injustice sociale mais aussi... les espoirs pour l’avenir.

***

Cette interview a été réalisée par Simbad Detari  juste après un concert d’Adamo qui a eu lieu dans la salle de "La Coupole" de Saint-Loubès, lors d’une tournée en France.

Je ne suis pas certain... Notre rencontre est-elle votre premier contact avec un Albanais et avec l’Albanie ?

Non ... J’ai une amie albanaise qui s’appelle Shpresa, (en français. Espoir) et qui est une fille très intelligente. Sinon, j’ai été en Albanie il y a quelques mois. Mais je n’étais pas là-bas pour chanter ... J’étais dans votre pays comme représentant de l’Unicef; c’était au mois d’avril, pendant le grand exode de la population du Kosovo. Avec un avion C-130 de l’armée belge, je suis allé à Kukes pour me rendre compte et voir de près la situation des enfants. J’ai été touché et blessé dans mon âme quand, par un jour glacial, j’ai vu le regard d’un enfant assis près d’une flaque d’eau qui nettoyait ses chaussures couvertes de boue. Je ne peux pas non plus oublier leurs dessins représentant des maisons brûlées, en flammes, des miliciens, des soldats, des bombes et des gens tués. Des images vraiment dantesques !

Pendant le régime stalinien en Albanie, pouviez-vous imaginer que dans ce pays les gens écoutaient vos chansons ? C’était surtout des jeunes pour lesquels il était interdit d’écouter des chansons étrangères. Cependant, ils trouvaient les moyens de les écouter, avec beaucoup de passion ...

Dans ces années d’isolement total pour vous, c’est peut-être un peu étrange... ou par hasard... mais j ‘ai reçu une lettre d’un jeune Albanais. Elle est arrivée chez moi, non par la poste, mais par quelqu’un qui me l’a apportée en mains propres. C’était un jeune de Tirana qui m’écrivait. Là, maintenant, je ne me souviens pas de son nom mais j’ai gardé sa lettre qui est toujours chez moi. 11 me disait sa sympathie, son amour pour mes chansons mais aussi il m’écrivait la situation de votre pays qui était devenu une prison pour ses citoyens. Il me disait l’oppression, l’isolement et l’interdiction de tous contacts avec le monde extérieur... Quand je suis allé en Albanie en avril dernier, la première chose qui m’a frappé et m’a étonné le plus était de voir les blockhaus. Des milliers et des milliers ... Il y en avait partout, presque tous les cent mètres C’était quelque chose d’absurde et de surréaliste ! A ce moment précis, j’ai pensé au contenu de cette lettre que j’avais reçue de ce jeune albanais. J’ai pensé à toutes les générations qui ont souffert de cette folie totalitaire...

Est-ce que ces sentiments sont présents dans une de vos nouvelles chansons ?

Dans les chansons que j’écris, je ne précise pas à qui je m’adresse. Mais dans les textes de quelques unes, parmi elles, il y a des références qui font allusion aussi à votre pays. Je me souviens, quand on est revenu de Kukes en direction de Tirana, on s’est trouvé en face d’une file de réfugiés kosovars qui se dirigeaient à l’intérieur du pays. La route était pleine de tracteurs avec des roues crevées, des cars avec des hommes "fantômes", des vieillards, des femmes et surtout des enfants affamés et en sanglots. Dans une remorque tirée par un tracteur, j’ai vu un enfant de dix ans. Son regard était perdu dans le vide, comme si autour de lui plus rien n’existait. Ce souvenir bouleversant m’a inspiré une chanson que j’aurais préférée ne jamais avoir à écrire, une chanson sur l’absurdité humaine... Elle est intitulée "Sale comme la guerre".

Actuellement, en Albanie, le régime stalinien n’existe plus et la situation politique n’est plus la même qu’avant. Pourtant, il y a encore des chaos, la déstabilisation et la pauvreté ...

Moi, comme tout le monde, j’espère un avenir meilleur. Pendant la guerre au Kosovo, tout le monde a débarqué en Albanie. Ils ont vu combien ce pays était pauvre et d’un autre côté, ils se sont émerveillés du fait que les Albanais, bien que très pauvres, aient partagé le pain avec leurs frères kosovars. Ainsi, chacun est devenu conscient et est convaincu que l’Albanie mérite d’être aidée. En tant qu’Ambassadeur de l’Unicef, je sais que cette organisation est présente en Albanie depuis 1991, après le changement de régime. Les pays européens doivent concrètement réagir. Et je pense que ce processus est commencé.

Avez-vous pensé à faire une action pour les enfants du Kosovo ? Quelque chose de concret, d’humanitaire pour qu’ils puissent dire : "Voilà, cela a été fait pour nous par Adamo!"?

Pendant le conflit, suite à mon séjour à Kukes et dès mon retour en Belgique, par le biais de l’émission "Télévie", j’ai fait appel au peuple belge, et en particulier aux enfants, pour qu’ils expriment leur solidarité avec les petits kosovars en récoltant des jouets. Evidemment, à cette époque, les besoins étaient urgents surtout pour la nourriture, médicaments, vêtements, etc. mais j’ai pensé que pour les enfanta, les jouets étaient quelque chose d’important, qu’ils leur permettraient de sauvegarder leur enfance, de soulager leur traumatismes psychologiques. En Belgique, 15 mille tonnes de jouets ont été récoltées pour les enfants kosovars ! Bien sur, ce n’est pas suffisant, mais je peux dire que j’ai fait quelque chose pour les petits kosovars.

En Albanie, beaucoup de personnes aiment vos chansons et vous admirent. Pourriez-vous dire deux mots pour eux ?

Je suis très touché et très heureux de ce que vous me dites ! J’espère qu’un jour je pourrai aller dans votre pays pour y donner un concert, ce qui me ferait un très grand plaisir ! Alors, à bientôt en Albanie !

Par Simbad - Publié dans : Nostalgji
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