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SUPLEMENTE


'AMARUS'

( klikoni mbi imazhet më poshtë )

 

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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 09:15
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              Sept nuits à St. Julian's ...

4 ***

 

... Il y a quelque temps, je t'avais téléphonée et nous avons parlé ensemble pendant presque vingt minutes. Et j’ai noté quelque chose qui m’avait impressionné. Ta voix n'était pas comme avant. Rude, menaçante et agressive. Elle vibrait avec une intonation bizarre qui me rappelait quelqu’un qui parlait après avoir longtemps pleuré.

C’est étrange parce que, dans ma lettre écrite à l'hôtel Miramare, je t’avais dis : Adieu ! Et je devais être décidé. Cependant, je crois que cet "adieu" serait lent et prendrait du temps. Entre temps je reviens sur discours que nous avons eu par téléphone. Alors, dis-moi, Nirvana, finalement tu es convaincue que je ne suis ni un délinquant, ni un homme brutal ? Ni un mal éduqué, ni un fou, ni un déséquilibré ? Tu es convaincue que, contacter et discuter avec une personne qui a été ton ami intime pendant de longues d'années, (ou bien un ami de maintenant, c’est une chose normale, non ?), ne représente aucun danger, aucune menace pour ta vie privée ? Autre chose. Dans ce "discours" téléphonique, nous avons même évoqué vaguement le passé, non ?...

Alors, permets-moi de faire une observation, à propos d’une expression que tu as dite pendant cette conversation téléphonique. C'est à propos de la Question de la Fidélité. Nirvana  ! Je désirais bien t’expliquer, sincèrement et sans aucune réserve, quelque chose de très important. Notre amitié, (en fait, c’était plus qu'une amitié) a duré beaucoup d'années et elle était très intime. Cette relation, certainement, sans aucun doute, a été une relation d’amour, non ?! Tout mon cercle familial, parents, frères, ma sœur et même mes amis les plus proches connaissaient nos relations. Je me souviens de ma mère. Lorsque tes lettres arrivaient à la maison, elle me disait avec tant de joie :

- Viens, viens ! Une lettre de ta Nirvana est arrivée !...

Entre nous, existait-il vraiment, un sentiment d’amour ?... Sûrement !... De ta part et de ma part. Or, en sachant que mes lettres étaient contrôlées, je faisais très attention à leurs sujets. J'étais forcé de choisir mes phrases et d’écrire avec la langue d’Esope. Cependant, j’étais heureux de ton existence. De tes lettres. De tes photos. De tes mots. J'avais les mêmes sentiments pour toi. Tu sais ? Si je vivais une autre situation, dans un autre pays, notre amour aurait eu une autre dimension et une autre fin. Tu serais mon unique amour de toujours. De toute ma vie…

Cette chose aurait été merveilleuse, car je t'adorais et, pour moi tu étais la créature la plus belle du monde. Tu étais si douce, si tendre, si gentille, si sincère et sympathique. Mais, dans ces conditions, dans la réalité où je vivais, il était impossible de réaliser cette merveille. La réalité ne le permettait pas. Voilà pourquoi, j'étais content, même à rêver ! Pourquoi je dis : rêver ? Toi, peut-être tu ne me comprendras jamais, ou bien tu ne veux pas me comprendre, mais à l'époque, il suffisait que je t’écrive, que j'écrive à quelqu'un de l'étranger pour être surveillé par le regard caché de la police secrète ( sigurimi ).

Donc, dans cette réalité c’était dur, assombri, triste, désespéré, sans aucun espoir et voie de sortie. Devant moi existaient deux alternatives : ou venir te rejoindre pour être unis pour toujours ou mourir dans ce pays - prison, victime d'un destin que je n'avais pas choisi. Mais, pour venir chez toi, je devais faire une action extrêmement dangereuse, c'est-à-dire fuir, passer clandestinement la frontière du pays. Donc, j'avais une seule alternative : vivre ou mourir. Ou mieux dire mourir parce que, le peu de ceux qui avaient essayé de mettre en œuvre cette action, c’est à dire fuir, étaient tombés tous morts, morts sous les rafales du kalachnikov.

La frontière était surveillée par des milliers et milliers de soldats qui faisaient la garde, jours et nuits. Elle était partout entourée de bunkers et fils barbelés. Et ensuite, chère Nirvana, même si j'arrivais à fuir, passer la frontière, disons vers Grèce, sais-tu ce qui attendait ma famille ? Tous auraient été internés à la campagne aux travaux forcés. Torturés et humiliés. En affrontant de terribles souffrances et une profonde misère. Parce qu’à l'époque, c’était comme ça : si quelqu'un fuyait de la frontière, c’était les siens qui le payaient très cher : les parents, frères, sœurs. Tous étaient déportés pour le reste de leur vie. Je ne sais pas, Nirvana, si tu as été au courant de ce qui se passait dans les pays de l'Est, pire encore en Albanie, qui est restée fidèle à l'idéologie marxiste et au "camarade Staline", jusqu’à la fin des années '90...

Dans ces conditions, que pouvais-je faire ?... Un jeune, fragile et rêveur ?... D'une par c'était toi, mon unique et grand amour. D'autre part, c'était la mort ou, si j'arrivais à passer la frontière, la catastrophe pour ma famille. Ensuite, je te confesse même que j'étais convaincu que le régime ne tomberait jamais. C'est à dire, je résonnais et je me disais que pour ma malchance, je vivrais pour toujours dans un pays communiste, méchant et oppressif, isolé comme une prison, sans la liberté minimum. Un régime qui ne changerait jamais. Et, j'étais condamné à mourir dans ce pays. Par conséquent, dans un mode ou bien dans un autre, même notre amour était condamné à mort. Désespérément et tragiquement ! …

C’était la vraie et la cruelle réalité !... Lorsque, avec les ans qui passaient, j'ai été convaincu que je n'avais pas absolument pas d’autre voie de sortie, lorsque désespérément je suis arrivé à comprendre que cet amour était beau et sacré mais, en même temps impossible à être réalisé, donc un rêve, un mirage alors, tragiquement, j'ai décidé de me marier. J'avais 27 ans. Aimer ! T’épouser, oui, c'était une chose divine et une merveille. Mais, je répète, la réalité où je vivais, ne me donnait aucun espoir. Mission impossible !... Voilà, c'est la vraie histoire du manque de ma Fidélité …

Les choses doivent être racontées comme elles se sont passées, n'est-ce pas ? Honnêtement, objectivement, sincèrement et sans complexe. Il n'y a pas de place pour l’hypocrisie et la mythologie. Maintenant, chacun de nous a fait sa vie. Cependant, à l'époque de laquelle je te parle, la réalité était comme ça et je ne pouvais pas la changer. Et, toi ?... Tu savais que cette réalité existait ? Que le monde était divisé en deux : l'Occident et les pays de l'Est. Et, entre les deux, il y avait un "rideau de fer " ?

C'était pour cette raison, pour raconter ce calvaire que j'ai survécu, que j'ai écrit ce livre que je t'envoie qui s'intitule : "Post-scriptum sur la dictature ". Vraiment, pour te dire que, pour moi, c'était une : Mission Impossible et pas Manque de Fidélité ! Regarde ! Sur la première page de ce livre, il y a une dédicace : "À mes amis" (Miqve té mi). Et, entre ceux-ci, sais-tu que le premier d’entre eux c’est toi ? …

Destin tragique ! 

***

 

 

... En ce qui concerne la notre correspondance, sans doute qu’elle a laissé de profondes traces sur moi. Tu étais mon premier amour. J'étais jeune. Plein de rêves, grands sentiments et beaux projets. Avec un profil poétique et romantique. C'était le temps de formation du caractère, de la connaissance et de la personnalité. Pour moi, comme pour toi, comme pour tous les jeunes de cet âge. (Voilà pourquoi je t'avais "reconstruit" dans mon âme, comme une personne idéale, parfaite et en même temps, accompagnée d'un fort souvenir que je ne voudrais jamais perdre). Ceux qui étaient autour de moi ne me comprenaient pas. L'échange de lettres avec toi, c'était vu comme un acte de trahison envers la patrie, envers l'idéologie communiste. Voici, je te raconte un épisode. Le beau-père de mon frère, Antonio, un haut officier de l'armée, me disait souvent :

- Écoute, garçon ! Tu dois arrêter d’écrire à cette fille de Malte ! Et, attention, je te le dis pour la dernière fois ! ...

Même mon frère me disait la même chose :

- Arrête d’écrire, Simbad ! Tu vas tous nous mettre en prison. Ce que tu fais est très dangereux pour nous tous ...

Et pourquoi?...

Entre autre, beaucoup d'années après, justement quand je suis arrivé en France, j'ai lu un livre qui racontait que, pendant les années 50 (début d’années 60), dans des camps spéciaux d'entraînement à Malte, étaient préparés certains commandos de réfugies albanais (échappés d'Albanie après la deuxième guerre mondiale) qui ensuite, ont débarqué par le ciel en parachute, pour renverser le régime communiste albanais. Un autre "petit détail". Si je ne me trompe, en 1977 lorsque je travaillais pour la télévision, la police secrète m'a appelé à et m'a menacé : Toi, écoute ! D’aujourd’hui tu dois arrêter d’envoyer des courriers à Malte. Autrement, non seulement tu seras licencié de ton travail mais il y aura, en plus, de graves conséquences pour toi et ta famille ...

( Après la chute du communisme, j'ai su par un mouchard de l'ancien régime qu’en 1973 exactement, la police secrète avait ouvert un dossier spécial sur ma personne, en provoquant la méfiance du régime même si j'étais un journaliste connu et très préparé du point de vue professionnel. Et, comme ça, j'étais forcé d’arrêter de t'écrire. À cette époque, si tu te rappelles, tu m'avais envoyé un petit paquet. Un cadeau. Et sais-tu ce qui s'était passé ? J'avais été appelé au bureau de poste et là, ils m'ont ordonné : Fais une déclaration par laquelle tu refuse de recevoir ce paquet et mets ta signature ici... Et j'ai signé et le paquet et retourné à ton adresse.)

Après l'année 1977, après que je me sois marié, j'étais à peu près conscient de ton état d'âme, ta déception, ta désolation et même de ta révolte intérieure. Mais, crois-moi, ce n'était pas possible. Toi, Nirvana, je le répète, sans doute, toi, tu as eu l'occasion de lire ou de voir à la TV quelle était l'histoire tragique de ce pays communiste où j'ai eu la malchance de naître et de vivre. Si tu arrives à le comprendre, peut-être, tu me pardonneras et me donneras raison.

Au moins, c'est comme ça que je pense !…

 

***

... Mais, je vois que tu ne connais bien ces circonstances, ce cadre historique. Autrement, tu ne m’aurais pas dit au téléphone :

- C'était toi qui as cherché à m'écrire en premier, ce n'était pas moi !

C'est-à-dire, avec d'autres mots : je n'entre pas dans les histoires que tu me racontes ? C'était justement toi-même qui t'es créée problème pour toi-même, ce n'était pas moi. Si tu as été trompé, c'était normal que tu en payes les conséquences !). Peut-être as-tu raison mais, cependant, tu dois comprendre (si tu peux, parce que pour toi c’est très difficile, vu que tu as vécu dans une autre société), tu dois comprendre le monde, l'état d'âme, les sentiments et les rêves d'un jeune comme moi. Je voulais voir d’autres horizons que ceux que m’offrait le régime de cette époque. Je voulais être libre. Tu me comprends ? Libre !...

Je lisais beaucoup de littérature et, pour moi, le monde devait être différent de ce que je regardais autour de moi : plus heureux, libre et sans frontières. Au début, quand j'étais très jeune, peut-être, je croyais à la nouvelle société qui se construisait dans mon pays. Mais, petit à petit, j'avais commencé à comprendre que la réalité où je vivais, n'était pas juste et égale pour tous. Que la propagande et le mensonge déformaient tout ! Que la vie que nous avions était pleine de mensonges ! Pauvre, médiocre, fausse et sans idéaux. Que je vivais dans un monde où il n'était pas possible de respirer comme je voulais et, j'avais besoin d'air pour survivre. Et c'était vraiment exactement ça en ce temps, lorsque j'étais étudiant, quand mes yeux sont "ouverts" et j'ai voulu voir et sentir d’autres choses. Découvrir le monde, ouvrir une "fenêtre" pour voir ce qui se que passait au-delà de nous. Ce monde qui m'entourait, était trop étroit et petit pour moi ...

J'avais envie d'air pour ne pas étouffer et cet "air" frais et pur, c'était toi ! Il venait de l'île de Malte. Tu connais un peu cette histoire, non ? Par un ami, j'ai pu trouver quelques adresses de certains philatélistes à l'étranger. Je ne sais pas si je m’en rappelle bien : l’un était italien, un autre de Pologne, un de Tchécoslovaquie et le dernier de Malte : Michael Zimerman, ton oncle.

J'ai écrit à tous. Personne ne m'a répondu. Et ensuite, un jour, je vois à l'entrée de la faculté, sur une table où arrivait le courrier des étudiants, une petite enveloppe couleur blanche envoyée par une certaine Nirvana Perri de Malte. Et, c'est comme ça, qu'a commencée cette longue et belle histoire, laquelle a laissé de profondes traces dans ma vie et dans mon âme. Et ensuite, tu sais, la suite de l'histoire, de nos lettres ...

Alors, je reviens encore une fois sur le sujet, en posant cette question : Est-ce que ce sont des histoires qui doivent être oubliées, rayées sans laisser aucune trace, ou bien doivent-elles être rappelées comme exemples, comme expériences de notre vie et même de la vie de l'être humain en général ? Je pense, Nirvana, que si tu réfléchis bien, il ne s'agit pas seulement d'une histoire entre moi et toi, mais d'une histoire dramatique humaine, causée par le fait que le monde est brutal, que les idéologies divisent les gens et les destins, que ce qui s'est passé, je ne souhaite jamais que ce soit répété pour l'humanité entière, pour nos fils, pour aucune autre personne. Donc, même s’il s'agit d'une expérience personnelle, nous pouvons tirer des leçons sur la vie, sur les hommes, sur leurs sentiments, sur la philosophie humaine. C’est très important, à mon avis !...

Un sujet très intéressant pour écrire un livre, n'est pas ?...

                                                              ( suite )

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Published by Simbad - dans Prozë
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